J'aurais au moins connu ma douceur. Retrouver la joie de vivre de mon père que j'ai tant rêvé hériter. Me découvrir à travers vous et puis grandir. Je n'avais alors jamais su déclarer mes sentiments, qu'ils soient amoureux ou hostiles, j'aurais pu porté comme prénom : " tombe". C'est peut-être grâce à l'alternance exil-blog. C'est beaucoup à cause de vous.
Il est si jouissif que de pouvoir se réinventer à travers des mots. Si plaisant le fait de pouvoir se contrôler, inventer son image.
Et j'ai donné beaucoup d'importance à cette forme d'expression, et j'ai beaucoup trop amplifié ce que je devais banaliser. Et puis, rien. A part le fait de porter des talons.
Vous avez certainement compris que j'avais beaucoup de choses à dire et je voudrais tant vous remercier pour n'avoir jamais ralenti mes élans... je ne me suis jamais sentie futile et ça fait du bien!
Il est clair que j'ai fait de mon espace et donc de vos yeux le dépotoir ( non! ce n'est pas péjoratif!) de certaines de mes douleurs... peut-être qu'un jour entendrez vous ma voix.
Je crois que je serai une éternelle amoureuse. Je souffrirai toujours de cette partie-là, j'aurai toujours le même type de douleurs, les mêmes rougeurs sur ma peau. Et je relirai encore les mauvaise pensées de Nina Bouraoui comme pour être sûre, me convaincre que les yeux de l'enfance seront toujours là, inquisiteurs, accusateurs, culpabilisants.
Je briserai encore une fois le coeur de ma mère quand je réitererai la même phrase : " je ne reviendrai jamais" De ces déchirures qui la font éclater de rire, de ces brûlures qui la soulagent de ma froideur, je ne retiendrai encore que le tremblement de sa voix, la balbutiement d'un encouragement certain, masochiste. Nos mères se feront toujours du mal pour nous voir heureux. Quoi que pas toutes !
Je ne sais si vous comprenez l'ampleur de votre place dans ma vie, je ne sais si il m'est déjà arrivé de vous dire que durant ma première année sur une terre froide je n'avais que vous comme chaleur... je ne sais si...
Je remercie tous ceux qui ont compris ma douleur... je suis si reconnaissante, si vous saviez à quel point ! Tellement touchée par ceux qui ont compris depuis le début que je ne suis pas prête à m'aligner. Peut-être ne le serai-je jamais.
Je me sens désolée, je le suis vraiment. Je n'ai pu être celle qu'ils ont voulu que je sois. Je n'ai pu m'oublier, je n'ai pu me soumettre. Alors l'on s'échappe.
A 16 ou 17 ans je chantais déjà : " Et qu'"importe vos pensées ne pourront briser les miennes, j'suis pas faite pour vous plaire, de ce fait je n'ai rien à refaire, au fur et à mesure, vous ne pourrez plus rien me dicter, à jamais, ça c'est sûr je ne me laisserai guider" de Leslie.
Il fallait que je parte, que je vous trouve.
J'ai toujours eu du mal à le dire mais je vous aime vraiment... vous êtes les lecteurs de maux d'une Algérienne pas comme et comme les autres. Les deux à la fois.
à d'autres joies, d'autres émois... mon coeur a tremblé !

